André, magnétiseur
QUI SUIS-JE ?
J'ai mis trente ans à accepter ce que je savais à dix.
Je suis né un 24 décembre. Cette année, j'ai cinquante ans. Il paraît que c'est l'âge où l'on arrête de se justifier. Je vais essayer.
La première vie
Technico-commercial pendant quinze ans, dans le second œuvre et les cuisines équipées. Des années de route, de rendez-vous, d'objectifs trimestriels.
J'étais bon. Je savais lire une pièce en entrant dedans. Je sentais quand quelqu'un mentait. Je savais qu'un client allait dire non avant qu'il le sache lui-même.
Je mettais ça sur le compte de l'expérience du métier. C'était vrai, en partie. Mais il y avait autre chose dans cette lecture des gens, des lieux. Cet autre chose, je n'avais aucune idée ce que c'était. J'avais un truc qui me donnait souvent un avantage, ça me convenait.
La rupture
Avril 2004. Un burn-out, brutal. Puis, l'année suivante, la dépression.
Le vide. Et cette sensation que personne ne comprend tant qu'il ne l'a pas vécue : être quelqu'un d'autre, dans un corps qui ne vous obéit plus.
Une thérapie durant deux ans. Puis, l'après, la page blanche. Une nouvelle vie semée d'années d'errance à la recherche d'un chemin qui n'apparaissait pas et d'un sens qui n'arrivait jamais.
Je raconte ça, parce que, quand quelqu'un s'assoit en face de moi et me dit qu'il ne se reconnaît plus, je le crois et je le comprends.
Les dix années d'après
En 2013, j'ai commencé à me former à l'Institut des Neurosciences Appliquées à Paris, en coaching et en hypnose, auprès de David Lefrançois.
Pendant dix ans, j'ai accompagné des gens qui s'effondraient au travail. J'ai appris à repérer l'épuisement bien avant qu'il porte un nom, et à ne pas paniquer devant quelqu'un qui va mal.
Très intéressant et enrichissant. Mais ce n'était toujours pas ça.
Ce qu'il y avait derrière
Ce que je refusais de regarder pendant tout ce temps était la chose la plus évidente de ma vie.
Je m'appelle André Paoli. Mon grand-père maternel vient de Prusse-Orientale, mon grand-père paternel de Pastricciola, un village dans les montagnes corses. J'ai hérité des deux : la rigueur du Nord avec son besoin de tout expliquer, ainsi que d'une île où le mystère perdure et se vit intensément.
Là-bas, dans les villages, il y a toujours quelqu'un vers qui on envoie l'enfant brûlé, le nourrisson qui ne dort pas, l'adulte que rien ne soulage. On ne l'appelle pas thérapeute. On dit u signadoru pour l'ochju. On ne demande pas comment ça marche. On y va.
Et il y a le mazzeru celui qui voit, celui qui voyage entre les mondes dans ses rêves. Personne ne demande ce don. On l'a, c'est tout.
J'ai grandi avec ça, et je l'ai vécu comme une malédiction. J'ai passé trente ans à traiter ça de folklore, parce que c'est ce qu'on fait quand on veut être normal.
Et pourtant.
Parfois, à l'abri des regards, je posais les mains.
Je disais une petite prière, et la douleur partait.
Aujourd'hui
Je fais trois choses : les cartes, le magnétisme, et ce qui passe parfois entre les deux.
Quinze ans de commerce m'ont laissé une seule leçon utile : quand une chose est vraie, elle se dit simplement. Quand il faut beaucoup de mots, c'est qu'il n'y a rien dedans.
Alors je fais court.
Je ne vous promets pas votre avenir. Je vous dis ce que je vois, et je vous soulage.
C'est là, ma seule promesse.
A pace sia cun voi
André





